les amphigouris d'humeur

La France au féminin et le sexe au masculin

L’air du temps a la fâcheuse manie de transporter toutes sortes d’odeurs plus ou moins nauséabondes. Il ne faut pas se leurrer, lorsque l’on agite de la vase, il ne s’en dégage pas un parfum de rose.

Ainsi, alors que le présumé candidat à la candidature à l’élection présidentielle, Dominique Strauss-Kahn, est accusé d’agression sexuelle par une femme de ménage d’un hôtel de New York, tous les atavismes français ressortent des remous et de la boue. Les définitions hasardeuses et navrantes concernant la séduction et le harcèlement sexuel ont envahi notre espace d’information en général – TV, presse, Internet et autres – et le mien en particulier.

C’est énervant.

En résumé, voici ce que l’on entend un peu partout à travers les commentaires des élus et des citoyens:

- Une femme qui porte plainte contre un homme pour agression sexuelle est une menteuse, une manipulatrice internationale ou une moins que rien. Si elle est belle, elle est suspectée. Si elle est laide, c’est suspect.
- Quand une femme dit non, elle pense oui.
- Quand un homme puissant, séduisant, riche et qui plus est français, fait des avances musclées à une femme, elle ne peut que se réjouir de l’immense honneur qu’il lui fait de s’intéresser à elle et éventuellement demander de l’argent si elle n’en pense pas moins.
- Un président d’une organisation internationale, membre éminent et brillant du monde politique français – pour faire simple : un homme important – a droit à un traitement de faveur.

D’une affaire pareille, personne ne sort grandi et notre société a encore du chemin à faire pour atteindre l’âge adulte.

C’est désespérant.

La présomption d’innocence est essentielle dans toutes situations judiciaires, mais dans les affaires de mœurs,  elle est interprétée trop souvent comme une présomption de mensonge de la part des plaignantes. La justice est aveugle et elle avance à tâtons une balance à la main. C’est déjà assez compliqué pour elle sans que nous lui collions dans les pattes nos fantasmes. Mais, il nous faut connaitre la Vérité tout de suite, la vraie pour le cas où la Vérité puisse être fausse, comme il y a des faux semblants. Elle semble nous intéresser que lorsqu’elle correspond à ce que nous attendons d’elle. La plupart du temps, elle n’est jamais aussi belle que nous l’avions rêvée. Alors, nous nous racontons des histoires et nous cherchons d’autres coupables, d’autres victimes et des effets plus dramatiques. On veut du sang et des larmes, mais pas le sordide de la réalité.

C’est pathétique.

Enfin, ce qui me chagrine le plus en écoutant tout ce qui a été dit et lu ce qui a été écrit, c’est de constater que la plainte d’une femme de ménage contre le directeur du FMI est prise rapidement en considération aux USA, pays monstrueux, alors qu’en France, pays admirable, le sénateur Maire de Neuilly-sur-Marne, Jacques Mahéas, accusé de harcèlement sexuel sur une employée municipale en 2002 et condamné définitivement en 2010 est toujours maire et sénateur.

Dans l’indifférence générale.

Sans une pensée pour sa victime.

C’est désolant.

Douce France, cher pays de mon enfance, il y a des jours où y’a pas de quoi rire.

Daisy Lewis

 

 

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