les amphigouris d'humeur

50 nuances de gris terne et de saint foutre

En tant qu’écrivain fantôme aux huit — excellents — lecteurs, je ne peux que regarder avec envie et peut-être même un désir torride et un poil masochiste le succès du livre « 50 nuances de gris » traduit de l’anglais “50 shades of Grey”, écrit par une mère de famille anglaise, Erika Leonard James.

Je l’avais lu il y a quelque temps, quand il avait déferlé sur les livres électroniques anglo-saxons. Alors de mémoire, je vous fais profiter de cette expérience littéraire inoubliable que j’avais perdue dans mes souvenirs, entre un roman de Gérard de Villiers et un de la collection Harlequin.

Une amie m’avait parlé de ce livre parce que tout le monde en parlait et que tout le monde ne pouvait pas se tromper. Le fait que l’auteur d’un meilleur-vendus international de la Terre occidentale était une fan de « Twilight» ne m’avait pas donné un a priori favorable. Ben oui, les aventures de la belle et chaste jeune fille qui sait que son attirance pour son vampire la conduirait vers une condamnation éternelle si elle couchait avec lui, ce n’est pas vraiment mon truc.

Mais, prête à tout pour découvrir la recette d’un succès littéraire et la copier sans honte ni pudeur, je suis allée le lire sur Internet dans sa version originale et gratuite. Oui l’écrivain fantôme est radin, mais avec ses huit lecteurs, il ne peut pas se payer la bibliothèque du Congrès.

Emplie d’arrière-pensées, je me suis dit que j’allais lire une histoire cucul la praline. Et bien, je me suis trompée. C’était plutôt du pan-pan cucul la praline. Arrière toute la pensée.

Le roman raconte la relation sado-maso amoureuse entre une jeune fille timide et complexée, Anastasia, et un homme splendide et riche, Christian. L’héroïne subit les traitements érotico-sadiques de son amant avec ce fol espoir de le sauver de ses errements, parce qu’elle l’aime, merde ! Si elle réussit, elle en sortira grandie et courbaturée. Elle aura réussi à libérer sa libido en se laissant attacher avec des menottes pour devenir une femme accomplie et docile et lui un homme libéré de ses travers pervers. Que c’est beau tant de libération sans résistance.

Okay c’est vrai, je n’ai pas lu le roman en entier.  Je reconnais volontiers être une coincée du pan-pan culcul la praline et être insensible au charme de la violence faite aux femmes même consentantes à demi.

Il est vrai que lorsque je l’ai commencé, j’ai survolé les premières pages pour aller à l’essentiel. C’est à dire, ce qui intéresse vraiment le tout le monde qui peut se tromper. J’ai été subjuguée. Quel suspens, sans jeu de mots virtuel ! Que va inventer le beau et énigmatique milliardaire pour faire souffrir et jouir la jeune et naïve étudiante ? Follement amoureuse de son tortionnaire, elle ne cesse de l’admirer timidement derrière ces cils. Son subconscient qui parle comme sa mère n’est pas tendre avec elle, mais comme elle est amoureuse et curieuse, alors elle le fait taire, le subconscient, parce qu’il est trop beau, le mec, et qu’elle voudrait qu’il l’embrasse, putain !

J’avoue que les dialogues m’ont laissée pantelante. Exemple du genre : « Je ne fais pas l’amour. Je baise… Dur. » dit l’un, « Baiser dur… Putain que cela semble… chaud » pense l’une. Ah quel style ! « Miam » répond Anastasia.

La belle répète à l’envi « Holy Fuck » qui sera traduit en français par « Putain », mais qui perd du coup tout le sacré du vocabulaire. « Saint Foutre » me semble plus approprié. Et puis, vu que le type est beau comme un dieu, qu’il s’appelle Christian, qu’il est tourmenté par ses démons et qu’une jeune vierge, Anastasia, est offerte en sacrifice, le texte a une mystique biblique propre sur elle qui peut rassurer ceux qui verraient de la perversion diabolique dans ce roman.

Par contre, une fois interrompue dans ma lecture — non pas par une impulsion subite de me jeter pieds et poings liés sur mon partenaire, ce qui aurait était un exploit physique, mais par mon chat qui avait faim — je suis passée sans soucis à autre chose nullement intéressée de reprendre la lecture des mornes peines d’Anastasia. Honte sur moi.

Mais après tout, chacun fait ce qu’il veut avec son cucul la praline et si ce roman est de la gentille littérature porno pour les mamans et bien qu’il en soit ainsi. Et tant mieux si les mamans se font du bien en ce faisant du mal, nom de saint foutre!

Par contre, les Femmes se feront certainement violence en le lisant jusqu’au bout. Alléluia !

Daisy Lewis

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2 Réponses à “50 nuances de gris terne et de saint foutre”

  1. Le 25 octobre 2012 à 20:11 Lesli a répondu avec... #

    Pour 50 nuances de Grey , on peut au moins essayer d’avoir un avis … nuancé !
    Certes c’est un peu cul cul la praline, mais l’idée reste amusante et la narration très vivante.

    L’avis d’amateur de claques sur les fesses et autres joyeusetés fétish à découvrir par ici : http://www.lantichambre.fr/histoire-da/cinquante-nuances-de-grey-fifty-shades-of-grey/

  2. Le 26 octobre 2012 à 18:26 Daisy Lewis a répondu avec... #

    Certes je pourrais faire dans la nuance, mais j’aime bien les contrastes!
    En visitant votre blog, j’ai pu constater que vous ne faisiez pas dans la demi-teinte non plus !

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